VIEILLIR ET VIVRE ENSEMBLE, CHEZ SOI, DANS SA COMMUNAUTÉ… AVEC LES SOINS APPROPRIÉS

janvier 19, 2018 9:30

L es aînés du Québec ont depuis longtemps manifesté le souhait de rester le plus longtemps possible chez eux. Mais cela ne peut se réaliser que s’ils bénéficient d’un panier de services approprié à leur état de santé. Or, le dernier rapport du Protecteur du Citoyen a mis en exergue un manque d’accessibilité aux services en matière de soins à domicile. Invitée, en octobre dernier, à déposer un mémoire dans le cadre de la politique « Vieillir et Vivre ensemble » auprès du secrétariat aux aînés, la Fédération des CAAP en a profité pour livrer ses constats et ses pistes de solutions en la matière.

Dans un contexte de vieillissement de la population tel que nous le connaissons aujourd’hui, la question des soins à domicile et des solutions d’hébergement proposés aux aînés constituent un véritable enjeu. Les besoins vont grandissant (le vieillissement va, entre autres, de pair avec une augmentation du nombre de personnes souffrant de maladies chroniques ou cognitives) alors que, paradoxalement, on constate une diminution des services à domicile, et un manque de ressources.

Or, si les aînés ne peuvent bénéficier des services dont ils ont besoin, ils risquent de devoir quitter plus rapidement leur « chez-soi » et opter pour une solution d’hébergement mieux adaptée. Cette solution dans la conjoncture actuelle ne se révèle pas toujours être le meilleur choix.

Pour rester chez soi le plus longtemps possible

La Fédération des CAAP, bien qu’elle reconnaisse les efforts consentis par le ministère de la santé et des services sociaux, croit qu’il est nécessaire de faire un pas de plus en vue d’améliorer la situation. Afin de respecter le choix des aînés de rester chez eux le plus longtemps possible, voici quelques pistes de solutions proposées par la Fédération des CAAP dans son mémoire :

  1. Procéder à une évaluation réelle et complète des besoins en matière de soins à domicile au Québec, condition sine qua none pour réajuster l’offre de services globale.
  2. Prévoir l’enveloppe budgétaire nécessaire pour le soutien à domicile en fonction des besoins réels de la population, et les réévaluer de façon globale (Québec) et ponctuelle (à chaque deux ans).
  3. Garantir l’accès et la continuité des services.
  4. Utiliser les ressources disponibles de manière plus efficace, notamment en accordant un rôle accru aux infirmières praticiennes spécialisées.
  5. Mieux reconnaître le travail des proches-aidants et promouvoir la légitimité de leurs besoins pour qu’ils puissent accepter l’aide mise à leur disposition. Encourager le développement des nouvelles technologies qui pourraient non seulement permettre d’évaluer si les aînés sont bien aptes à demeurer chez eux, mais aussi favoriser leur maintien à domicile plus longtemps.

Des solutions d’hébergement adaptées

La Protectrice du Citoyen soulignait également, dans son rapport, un manque préoccupant de places disponibles en CHSLD, et un recours de plus en plus fréquent à des résidences privées pour aînés (RPA), qui ne sont pas nécessairement outillées pour prendre soin des personnes quand elles sont en lourde perte d’autonomie. On constate donc un glissement progressif mais marqué des services publics vers le privé, ce qui entraîne également un certain appauvrissement des aînés.

Pour que nos aînés, qui n’ont plus d’autre choix que de quitter leur domicile, puissent bénéficier d’une offre d’hébergement de qualité, moins coûteuse et adaptée à leurs besoins, la Fédération des CAAP a, là encore, proposé plusieurs pistes de solutions :

  1. Repenser la politique d’hébergement pour les aînés dans son ensemble en prévoyant des investissements suffisants pour proposer une offre d’hébergement pour aînés qui soit diversifiée, et qui réponde aux besoins réels de ceux-ci en la matière.
  2. Procéder à une étude exhaustive concernant les résidents en RPA de catégorie semi-autonome et nécessitant des soins d’assistance personnelle, afin de tracer un portrait permettant d’évaluer la situation globalement pour le Québec, de faire certains constats et de poser, le cas échéant, certaines actions afin de garantir la qualité des soins aux aînés en RPA.
  3. Prévoir un mécanisme d’information obligatoire aux résidents en RPA concernant l’offre de services de soutien à domicile de l’État. Beaucoup de résidents ne savent pas encore qu’ils ont le droit de bénéficier des services proposés par le CLSC (gratuitement ou à moindres frais) plutôt que d’avoir recours à ceux dispensés par la RPA.
  4. Donner suite aux recommandations du rapport d’enquête spécial du Protecteur du Citoyen, visant à mandater les CAAP pour l’accompagnement des résidents en RPA dans le cadre des démarches visant à régler les litiges en matière de baux (notamment à la Régie du logement).

Rappelons que, dans le cadre des RPA, le bail et en particulier l’annexe 6 déterminent les soins et les services offerts et choisis par la personne avec les coûts afférents. Mais quand survient un litige, le recours pour les résidents devient difficile à exercer. Ils doivent s’adresser à la Régie du logement et nous constatons que les enjeux et la nature du processus pour exercer le recours ne sont pas toujours faciles à comprendre pour eux. Compte tenu que les conseillers des CAAP interagissent déjà avec ces résidents dans le cadre du régime d’examen des plaintes en santé et services sociaux auquel sont soumis les RPA, il nous semblerait judicieux que le mandat des CAAP soit élargi, pour y inclure l’assistance et l’accompagnement dans le cadre des règlements de litige concernant le bail et l’annexe 6.

Avoir le courage d’entreprendre un virage audacieux

Si l’on veut que « Vieillir et vivre ensemble » soit une réalité dans notre société, il faut avoir le courage de repenser globalement la façon dont l’État aborde présentement le soutien à domicile et l’hébergement des aînés. Certes,nous comprenons qu’il faut prendre en considération les ressources dont nous disposons, mais nous pensons aussi qu’il est temps d’entreprendre un virage audacieux pour replacer l’usager et ses besoins, au centre des préoccupations du réseau de la santé et des services sociaux.

Vous pouvez consulter notre mémoire « Vieillir et vivre ensemble… » dans sont intégralité sur ce même site web.

À consulter….

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a publié récemment une Réflexion sur le soutien aux aînés à domicile. Ce document met en avant 17 recommandations émises par l’ordre, et qui devraient permettre d’offrir de meilleurs soins et services aux aînés à domicil

Tags : , , , , ,

Classés dans :

Cet article a été écrit par FCAAP

Les commentaires sont fermés.