Colloque 2015 du CAAP-Capitale-Nationale

décembre 11, 2015 9:56

« Les conditions de vie des aînés en CHSLD sont-elles satisfaisantes ?

 Le 28 octobre dernier, se tenait le colloque organisé par le CAAP Capitale-Nationale qui avait pour thème : «Les conditions de vie des aînés vivant en CHSLD sont-elles satisfaisantes?». La population vieillissante étant en constante augmentation, cette question est de plus en plus préoccupante pour la société et cette journée visait à s’attarder à cette réalité afin d’amener des pistes de réflexion et d’inciter les discussions autour de ce sujet. Ainsi, au cours de cette journée, animée par Monsieur Michel Venne, directeur général de l’Institut du Nouveau Monde (INM), divers intervenants, issus de différents milieux, ont tenté d’y répondre au mieux de leurs connaissances.

La première conférencière de la journée, Madame Odile St-Amant, a été pendant plusieurs années gestionnaire en CHSLD. Elle occupe présentement le poste de directrice des soins dans une résidence privée pour aînés. Son propos nous a permis de mettre en perspective certains éléments à prendre en compte dans un contexte de vie en CHSLD; d’un côté, les normes, les politiques qui régissent le milieu, et de l’autre les résidents, avec leur famille, leur histoire, leurs craintes et leurs préoccupations. Au cœur de ce système se retrouvent le personnel, les bénévoles, les comités. Le but étant de trouver un juste équilibre afin d’offrir des milieux de vie et de soins sécuritaires. Pour donner une réponse adéquate à la question thème, Madame St-Amant fait état d’un bref historique : d’où part-on pour être ce que nous sommes aujourd’hui? La réalité qui existait trente ans plus tôt est bien différente de celle d’aujourd’hui. C’est en faisant cette comparaison qu’il est possible de conclure, pour Madame St-Amant, que les soins sont satisfaisants, mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas faire mieux. C’est en impliquant et en mobilisant le personnel, en ne laissant jamais aller une préoccupation et en précisant les attentes des résidents, entre autres, qu’il est possible de maximiser les conditions de vie en CHSLD.

Monsieur Robert Salois, Commissaire à la santé et au bien-être, a pris le relais en abordant la réalité des CHSLD avec des statistiques révélatrices sur les situations démographiques actuelles et futures quant au vieillissement de la population.

Par la suite, Me Gabriel Dupuis, responsable des services et du développement au Conseil pour la protection des malades, a abordé le thème proposé en traitant de la qualité des soins offerts. Il mentionne qu’il existe un décalage entre ce qui est promis par le réseau et ce qui s’y offre. Il faut que les soins des personnes restent une priorité absolue selon lui. En fonction de la lunette à travers laquelle on regarde le système, la qualité n’est pas perçue de la même façon. Un décalage entre ce qui est promis et ce qui est réalisé se créant, certaines insatisfactions se font sentir selon Me Dupuis.

Pour sa part, Madame Marie-Ève Bédard, doctorante en gérontologie, nous a entretenu lors de son exposé de la situation de la maltraitance envers les aînés en CHSLD. C’est à la suite de ses recherches effectuées au cours des dernières années, notamment auprès des comités des usagers et des résidents, que Madame Bédard en est arrivée à certaines conclusions. Elle fait notamment état que la maltraitance peut se définir par une gamme de comportements, elle peut être intentionnelle ou non intentionnelle se déclinant en plusieurs types. Ces différentes formes de maltraitance peuvent être concomitantes chez une même personne. Selon Mme Bédard, cela peut avoir pour effet de causer une détresse chez les personnes âgées victimes, de même que de diminuer leur qualité de vie. Elle mentionne aussi qu’il existe plusieurs causes ou sources de maltraitance dans les CHSLD. Madame Bédard affirme que c’est l’ensemble des mécanismes d’intervention en place qui permet de protéger les aînés et c’est pourquoi, selon elle, il faut les exploiter, individuellement, mais aussi en harmonie les uns avec les autres.

En après-midi, une entrevue sous forme de causerie, animée par Monsieur Venne, toujours sur le thème des conditions des personnes aînées dans les CHSLD, nous a permis de découvrir les points de vue de divers intervenants. Mesdames Judith Gagnon, présidente de la Table de concertation des aînés de la Capitale-Nationale, Caroline Bouchard, conseillère aux affaires publiques, recherches et relations gouvernementales au sein du Réseau FADOQ, Ginette Labrosse, responsable de la qualité de l’accompagnement et des services à la Maison Francesco Bellini et coordonnatrice de la formation professionnelle et Monsieur Josey Lacognata, directeur général du CAAP Saguenay-Lac-Saint-Jean, ont pris part aux échanges. Madame Gagnon a débuté en soulevant plusieurs questionnements: est-ce que les CHSLD sont des milieux de vie ou des milieux de soins ? Quelle est l’importance sociale qu’on accorde aux aînés? Est-ce que les ressources nécessaires sont en place? Madame Bouchard a enchaîné en mentionnant que les médias rapportent bien souvent des situations problématiques et que ces problèmes sont réglés individuellement suite à ces dénonciations. Elle affirme que des politiques gouvernementales plus substantielles devraient être mises en place afin d’obtenir des changements pour tous, non pas au compte-gouttes. Monsieur Lacognata, pour sa part, mentionne que l’harmonisation entre les différents mécanismes de protection mis en place et la concertation entre les acteurs qui ont un rôle clé à jouer auprès des aînés devrait être favorisée. Enfin, Madame Labrosse a souligné l’importance d’accompagner les personnes âgées dans les activités de la vie quotidienne tout en leur permettant de participer aux décisions. En définitive, favoriser une approche qui prend en compte la globalité de la personne.

 Finalement, Madame Madeleine Lauzier, directrice-conseil pour l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec, dernière invitée de la journée, a mentionné que les conditions des personnes âgées dans les CHSLD sont satisfaisantes, mais pas partout. Le contexte actuel fait en sorte que les CHSLD se transforment, cela complexifie le système. Il faut tout mettre en œuvre pour que cette transformation soit bénéfique pour les  résidents. Selon Madame Lauzier, il faudrait que les programmes mis en place soient adaptés à chaque personne, puisque chacun est unique et que les soins offerts devraient toujours cadrer dans un continuum de vie. Elle favorise la formation des intervenants et une approche en amont pour prévenir les situations problématiques.

«Les conditions de vie des aînés vivant en CHSLD sont-elles satisfaisantes?» Cette question peut paraître simple, mais c’est en s’y attardant de plus près qu’il est possible de voir la complexité des situations pouvant survenir, les facteurs à prendre en considération et les pistes de solutions qui doivent être soulevées. Il est clair que le vieillissement de la population est une réalité qui progresse et c’est pourquoi les questionnements soulevés par les problèmes que cela engendre suscitent de plus en plus l’attention au sein de nos débats publics. À la suite de cette journée, des constats ont été tirés, des idées ont été proposées et des réflexions ont été amorcées, tout ça, dans le but de préserver les droits et la dignité de la population vieillissante.

Nous vous invitons à visionner l’intervention de Judith Gagnon, présidente de l’AQDR nationale et de la Table de concertation des personnes aînées de la Capitale-Nationale lors de son intervention.

 

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Cet article a été écrit par FCAAP

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