1 877 SOS-CAAP (767-2227)

L’usager est également en droit de recevoir des services de qualité, soit des services de santé et des services sociaux adéquats sur les plans à la fois scientifique, humain et social avec continuité et de façon personnalisée et sécuritaire.

Marie-Nancy Paquet

Avocate

Syndrome grippal: situation «inhabituelle» à Drummondville

Publié le 29 avril 2014 par Aliona Bancila

Neuf personnes sont décédées à la suite de l’éclosion d’un syndrome d’allure grippale dans trois CHSLD de la région de Drummondville.

«La situation présente est assez inhabituelle», a indiqué l’adjointe au directeur général du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Drummond, Nathalie Piché.

Les trois établissements touchés sont le Centre d’hébergement L’Accueil Bon-Conseil, à Notre-Dame-du-Bon-Conseil, là où le virus a fait des victimes dès la semaine dernière, de même que le Centre d’hébergement Marguerite-D’Youville et le Centre d’hébergement Frederick-George-Heriot, tous deux situés à Drummondville.

«C’est un virus qui est courant à cette période-ci de l’année et qui passe habituellement inaperçu dans la communauté, a expliqué Mme Piché. Les gens peuvent être porteurs (du virus) sans symptôme ou avec seulement un petit picotement dans la gorge, mais il peut apporter des complications pour des gens dont l’état de santé est précaire.»

Or, il s’agit là précisément de la clientèle affectée dans les trois CHSLD touchés.

«Ce sont des centres d’hébergement avec des personnes en grande perte d’autonomie et des problèmes de santé précaire. C’est un profil de clientèle vulnérable. C’est également le cas des personnes décédées», a noté la porte-parole, qui a précisé que l’on avait eu d’autre choix que de prendre les grands moyens pour freiner la transmission du virus.

«Nous avons mis en place toutes les mesures de prévention et de contrôle; suspension des visites et des activités, désinfection deux fois par jour, isolation des personnes qui ont des symptômes dans leur chambre. Le personnel aussi doit porter des masques, des gants et des blouses.»

On ne rapporte aucun nouveau cas dans l’une des trois institutions, de sorte que l’on s’attend à lever les mesures de protection samedi prochain.

- Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne Drummondville

Il est possible de consulter l’article complet à ce sujet au lien suivant :

http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201404/29/01-4761841-syndrome-grippal-situation-inhabituelle-a-drummondville.php

Les médecins mieux payés, moins disponibles

Publié le 24 avril 2014 par Aliona Bancila

(Québec) Entre 2007 et 2011, le salaire des médecins a augmenté de près de 50 % au Québec. En revanche, l’offre de services n’a pas suivi, elle a même diminué. Voilà ce qui ressort d’une étude publiée par des professeurs de l’Université de Montréal.

«Une augmentation de 40 % du salaire, en dollars courants, des omnipraticiens et 50 % des spécialistes en cinq ans, c’est majeur. [...] Surtout lorsqu’il n’est pas jumelé avec une augmentation des soins», soulève Damien Contandriopoulos, professeur à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal.

«Le résultat n’est pas un étonnement en soi, car on sait depuis longtemps à la RAMQ [Régie de l'assurance maladie du Québec] que lorsqu’on augmente le tarif d’un acte médical, on n’augmente pas son volume», ajoute-t-il. «Nous voulions prouver que la rumeur était vraie et de façon fiable.»

Ce dernier et Mélanie Perroux, agente de recherche à l’Université de Montréal Institut de recherche en santé publique, arrivent ainsi à la conclusion que «malgré une ampleur de l’investissement effectué dans la rémunération des médecins, les Québécois n’ont connu aucune amélioration de l’accessibilité aux soins de santé».

L’étude, publiée dans la revue canadienne Healthcare Policy, se base sur les données du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Elle indique que l’augmentation de 25 % de la rémunération des médecins spécialistes s’est traduite par une stagnation du nombre de services médicaux spécialisés.

Le professeur souligne aussi l’ambiguïté du discours public alors qu’il y a eu très peu d’engagement de la part des médecins en échange de l’augmentation. «Il n’y a aucune solution pratico-pratique d’avancée pour l’accessibilité aux soins. Seulement un discours qu’il faut insérer plus d’argent.

«La question est claire pour le citoyen : quelle part des ressources collectives est correcte pour la rémunération des médecins? Jusqu’où on va devoir aller?» lance le professeur.

Pour les omnipraticiens, on observe une diminution de 5 % de ce nombre de services en médecine familiale par personne.

Lorsque l’on calcule le nombre de services rendus par chaque médecin, qu’il soit spécialiste ou omnipraticien, on remarque une diminution de 5 % pour le premier et de 7 % pour le deuxième. Ces chiffres sont considérés comme «très conservateurs» par Contandriopoulos.

Entre 2007 et 2011, le nombre de médecins par habitant a augmenté de 8 % au Québec, soit 2,35 médecins pour 1000 habitants.

À l’Université Laval, des chercheurs en économie ont également soulevé que l’augmentation du salaire des médecins a fait diminuer les services. Ce serait une réaction comportementale prévisible.

Pourquoi une diminution? «Tout simplement, car les médecins passent plus de temps avec chaque patient, mais aussi à faire d’autres tâches administratives et à l’enseignement», souligne le professeur. Sans oublier bien sûr que certains d’entre eux privilégient leur qualité de vie lors d’une augmentation de salaire.

Le professeur Fortin n’a pu distinguer un impact clair sur la santé des patients.

«Ce n’est pas positif pour les listes d’attente et le temps d’attente qu’il y ait moins d’actes de faits, mentionne-t-il. Mais en y passant plus de temps, ne font-ils pas de meilleurs diagnostics? De la prévention même?»

Le seul constat qu’il se permet est l’obtention d’une certaine équité entre les médecins.

«Les pédiatres étaient très en faveur de cette rémunération mixte, car c’est plus long d’évaluer la condition d’un enfant, contrairement à un adulte.»

Bernard Fortin a étudié la rémunération mixte chez les médecins, soit une combinaison de paiement à l’acte et à salaire fixe. Depuis 1999, les médecins ont le choix entre ce type de rémunération et celui uniquement à l’acte médical fourni.

**************

Les dépenses en santé pourraient doubler d’ici 2030

Les dépenses publiques en santé du Québec pourraient augmenter de près de 30 milliards $ d’ici 2030, passant de 43 % des revenus totaux du gouvernement à près de 70 %, si rien ne change. À lui seul, l’effet du vieillissement de la population serait responsable de 40 % de cet alourdissement. «Pour maintenir cette part croissante des dépenses en santé, il faudrait augmenter de 60 % tous les impôts et toutes les taxes du gouvernement du Québec», peut-on lire dans l’étude que le professeur en économie de l’Université Laval Jean-Yves Duclos a suggérée au Soleil.

Cette simulation a été réalisée avec les données de l’Institut canadien d’information en santé et un modèle de microsimulation dynamique, développé par le programme de recherche SIMUL, un programme d’analyse économique des politiques sociales.

Anecdotes médicales

Les jeunes médecins seraient plus enclins à privilégier leur qualité de vie lors d’une augmentation de salaire que leurs collègues plus âgés. En effet, les plus anciens ont connu les semaines de 50 ou 70 heures de travail. Damien Contandriopoulos, professeur à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal, a noté cette particularité lors de son étude sur la rémunération des médecins.

L’exemple ontarien

Selon le professeur Contandriopoulos de la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal, le Québec devrait prendre exemple sur l’Ontario. «Les médecins ont été payés plus cher au cours des dernières années, mais contre une foule de concessions de leur part. Cela a eu un effet très structurant concernant l’accès aux soins et la satisfaction des Ontariens», indique-t-il. Entre 2003 et 2012, les médecins ontariens ont vu leur salaire augmenter en moyenne de 75 %. Un accroissement significatif de 85 % pour la médecine familiale. Aussi, alors que seulement 25 % des Québécois jugent le système de santé assez efficace, ils sont 50 % en Ontario.

- Marie-Pier Cayer, Le Soleil

Il est possible de consulter l’article complet à ce sujet au lien suivant :

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/sante/201404/21/01-4759555-les-medecins-mieux-payes-moins-disponibles.php